La Célibataire

Y’a ceux pour qui l’été est fiévreusement roucoulant… Et y’en a d’autres, pour qui le vent de l’amour a eu des allures de tempête, balayant ainsi sur son passage les derniers petits coeurs ! Et oui, ces vaillants, ces loyaux soldats ont pourtant résisté tant bien que mal face à cette rafale pour sauver le royaume de L’Idylle… Mais hélas, ils se sont faits ratatinés.

Alors après le passage de la tempête, il faut nettoyer, ranger, prendre du recul et inspirer un bon coup pour tenter de minimiser les dégâts.

C’est là, que La Célibataire rentre en scène et s’invite comme par magie dans nos mains… Aussi mollassonnes que d’la chair à limace, elles s’efforcent pourtant à tenir cette petite brune qui semble aussi perchée que nous… Et oui, quoi qu’en on dise, c’est toujours une histoire de compassion mêlée à un brin de pitié et de joyeuse solidarité !

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La Célibataire nous attendait donc patiemment… C’est sympa d’sa part, car au fil de cette soixantaine de pages, elle parvient à nous faire sourire, oublier, rigoler, dédramatiser et parfois même, cette nana qui se préoccupe plus de ses épilations que d’la guerre dans le monde, arrive à nous surprendre. Oui, La Célibataire est pour quelques temps, cette nouvelle copine qui squatte notre lit. Et on ne regarde alors plus «l’autre» oreiller de la même manière : on soupire, on s’en veut, on sourit, puis avant d’éteindre sa petite lampe de chevet, on décide de choyer cet oreiller en y déposant délicatement La Célibataire. C’est doux, c’est beau, c’est un chouia pathétique… Mais on s’en fiche car elle est tout ce qui nous reste après cette foutue tempête à la noix ! Pardon, erreur, on rectifie : pour beaucoup il reste encore le chat ! Comme celui qu’elle a «emprunté» à sa voisine la gamine.

Le problème avec La Célibataire, c’est que cette copine qui vient pour vous faire redécouvrir votre ancienne vie (avant que le royaume de L’Idylle s’effondre), c’est qu’elle part trop vite. Et on aimerait bien lui demander : «Et une coloc’, ça t’dit pas ?!».

Ps : Merci aux grandes soeurs qui ont peine à voir leur cadette se morfondre et qui leur disent : «Tiens, prends ça, ça va te faire du bien !» 😉

Astrid El Chami

Parce qu’il est mort.

Parce qu’il n’y a pas que le « Nail Art », parce qu’il n’y a pas que les robes à pois, parce qu’il n’y a pas que le cinéma, les copains, les apéros, les vacances, le travail, parce qu’il n’y a pas que l’amour avec ses joies et ses déboires, parce qu’il n’y a pas que les voyages, la musique, la lecture et les barbecues.

Parce qu’il n’y a pas que nous et notre petit nombril. Parce qu’en dehors de notre vie parfois si bien rangée, il y a autre chose ailleurs. Parce que je ne poste pas souvent des billets sur mon blog et parce que cette fois, j’ai choisi de mettre mes préoccupations au placard. Parce que le destin veut que je me penche sur une cause qui me tient à coeur depuis toujours. Parce que ces éléphants d’Afrique, ces « éléphants de forêts » sont en train d’être sauvagement assassinés. Parce que les médias occidentaux se fichent pas mal de leur sort. Parce que eux ont le pouvoir de relayer cette info. Parce que ce n’est pas assez vendeur sur le papier glacé ou froissé. Parce que c’est trop loin. Parce qu’ils se disent que c’est triste malheureusement. Parce qu’ils se disent quelle chance avons-nous de les voir durant nos safaris. Parce qu’encore aujourd’hui madame veut avoir un beau bracelet en poils d’éléphant sur son poignée pour crâner devant ses copines. Parce que monsieur Chinois veut montrer qu’avec ses statuettes en ivoire, il a le pouvoir. Parce qu’avec l’argent on peut s’offrir du sang. Parce que ces braconniers tranchent les trois-quarts de la tête d’un éléphant pour s’attribuer ce précieux blanc. Parce que généralement ils continuent leur acharnement en tranchant à coup de machette sa queue pour sous-tirer ses quelques poils. Parce qu’ils sont motivés ils s’acharnent sur son pauvre corps gris pour en extraire sa viande. Parce que cet éléphant était vulnérable devant la méchanceté de ces barbares. Parce qu’il était innocent. Parce qu’il ne demandait rien à personne. Parce qu’il voulait juste vivre dans sa savane, dans cet océan vert où il se croyait protégé par la forêt. Parce qu’il adorait sa famille, sa patrie, son troupeau. Parce qu’il adorait prendre des bains de boue. Parce qu’il adorait s’abreuver en sels minéraux. Parce qu’il adorait cueillir ces feuilles. Parce qu’il adorait jouer avec les siens. Parce qu’il adorait savourer paisiblement la vie au soleil ou à l’ombre. Parce qu’il croyait, qu’il était le roi des animaux. Parce qu’il croyait qu’on aimait Babar. Parce qu’il a fini par penser qu’on l’avait trahi. Parce qu’il est mort seul. Parce qu’il est mort avec la peur. Parce qu’il mort dans d’atroces souffrances. Parce que son cadavre git maintenant sous cet arbre, sous ce décors pourtant si féérique. Parce que les insectes et vautours s’en font déjà à coeur joie. Parce que ses meurtriers vendent déjà ce qu’ils lui ont volé. Parce que madame est ravie que monsieur lui fasse son cadeau. Parce que monsieur Chinois contemple le cigare à la bouche et le bourbon à la main, son trophée qui l’a sous-payé. Parce qu’ils dormiront la conscience tranquille. Parce qu’à l’autre bout de la terre, sa famille se recueille près de son cadavre. Parce que son troupeau pleure. Parce qu’ils sont abattus par la tristesse. Parce qu’ils ne comprennent pas. Parce que comme les hommes, ils ont une âme, des émotions. Parce que contrairement à l’homme, ils ont un coeur. Parce qu’ils ne peuvent rien face à cette violence. Parce que plus de soixante mille éléphants ont été massacrés ces trois dernières années sur le continent noir. Parce que d’ici 2025, il est probable que l’éléphant de forêt ne goûte plus aux bains de boue. Parce que ce sang continue de couler en Asie, en Afrique. Parce que ce rouge vif a une couleur abominable. Parce que cet éléphant qui git seul sous cet arbre, n’est pas le premier. Parce que surtout il ne sera pas le dernier à périr. Parce que pourtant il croyait en nous. Parce qu’il pensait que pendant notre lune de miel on s’émerveillait devant sa présence, sa sagesse, son charisme. Parce qu’il croyait qu’on lui portait du respect.

Parce que ce n’est pas nouveau, j’ai le coeur qui se déchire devant ces visions d’horreur. Parce que je pleure moi aussi. Parce que toute cette histoire n’est pas un scoop. Parce que je veux qu’ils sachent que l’on est pas tous des êtres monstrueux. Parce qu’à ma petite échelle j’essaie de passer ce message. Parce que je veux qu’il circule. Parce que je veux que non pas pour mes futurs enfants mais pour leur espèce, pour la Nature, qu’ils continuent à jouir de la vie. Parce que je veux qu’on les laisse en paix. Parce que leur trésor dont ils ne connaissent pas la valeur, ne nous appartient pas. Parce que pourtant ses défenses n’ont pas pu le protéger. Parce que l’Homme est la plus mauvaise des mères. Parce que je veux que les gouvernements concernés et la communauté internationale arrêtent d’ignorer ce massacre. Parce que je veux qu’ils arrêtent leurs beaux discours, leurs langues de bois. Parce que je n’ai pas peur de dire que ces bains de sang coulent en premier pour les chinois et leur nouvelles fortunes. Parce que je n’ai pas peur de dire que ce sang coule aussi pour des gens qui se disent «être bons». Parce que je veux qu’ils prennent véritablement les choses en mains. Parce que je veux qu’ils punissent sévèrement. Parce que je veux qu’ils donnent les moyens aux ONG de faire leur boulot. Parce que je veux tout simplement que ces éléphants n’aient plus peur. Parce que je veux qu’ils respirent la vie comme nous la respirons. Parce que ça vaut aussi pour les rhinocéros. Parce que nous ne voulons pas les ignorer. Parce que c’est ma prière. Parce que c’est votre prière à vous aussi.

Parce que si les images choquent autant qu’elles servent à quelque chose. Parce qu’ils ne sont pas morts pour rien.

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Astrid El Chami

© Texte intégralement protégé.

Jack : Crazy Eyes’S Cat !

C’était un soir comme un autre… Quand soudain ! Brrrr…